jeudi 24 avril 2014

Le cimetière de Mazargues

Marseille compte de nombreux cimetières. Si Saint-Pierre est le plus vaste et le plus riche, les autres nécropoles municipales possèdent tout de même quelques sculptures intéressantes, voire remarquables. Le cimetière de Mazargues – à ne pas confondre avec le cimetière militaire voisin, crée en 1918 pour accueillir les dépouilles des soldats de l’empire britannique morts à Marseille – se trouve dans ce cas : deux œuvres contemporaines l’une de l’autre se démarquent.
 
Modèle du Monument aux morts de Mazargues
dans l’atelier du sculpteur
Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 3 O 58/68

Eugène Sénès, Monument aux morts de Mazargues
élévation & coupe (détail), juillet 1926
Archives municipales de Marseille, 1017 W 41

Monument aux morts de Mazargues
Cimetière de Mazargues, 9e arrondissement

Le Comité des intérêts du quartier de Mazargues sollicite une subvention municipale pour l’érection de son monument aux morts le 28 mars 1922. Il projette de l’accoler au piédestal de l’obélisque qui orne le rond-point. Le Conseil municipal alloue 10 000 francs à ce projet alors qu’il donne aux autres quartiers 500 francs en moyenne pour des projets similaires. Finalement, c’est dans l’enceinte du cimetière que le monument est érigé en 1926, sur les plans de l’architecte en chef de la ville de Marseille Eugène Sénès (1875-1960). Les reliefs de bronze, parfois attribuée à Ary Bitter (1883-1973), se détachent sur un pylône maçonné ; ils figurent un poilu tenant fièrement le drapeau national tandis qu’une Renommée ailée le couronne de laurier sous les yeux de la veuve et de l’orphelin.

Anonyme, Georges Janin, statue en pierre
Cimetière de Mazargues, 9e arrondissement

Non loin de là se situe la tombe du brigadier Georges Janin (1891-1914). Ce jeune homme, mécanicien-électricien, effectue son service militaire à Nîmes depuis le 8 octobre 1912 lorsque la guerre éclate. Il part aussitôt pour le front avec le 19e régiment d’artillerie de campagne. Il meurt à Verdun le 25 septembre 1914. Sa famille lui élève une statue pour surplomber sa sépulture : le poilu se dresse bravement au milieu des décombres du champ de bataille, la roue accidentée d’une charrette et les obus à ses pieds en témoignent.

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