dimanche 10 août 2014

Missak Manouchian (sculpteur inconnu)

Le 20 février 2010, un square sis sur le boulevard Livon, à côté de l’hôtel Sofitel Vieux-Port, a été inauguré. Il commémore la mémoire de Missak Manouchian (1906-1944) et de ses compagnons résistants, exécutés par les Nazis au Mont Valérien le 21 février 1944.

 Missak Manouchian, buste, bronze, 2010
Square Manouchian, 7e arrondissement

 Né en Turquie, Missak Manouchian et son frère Karabet perdent leurs parents dans le génocide arménien en 1915. Sauvés par une famille kurde, ils passent leur adolescence au Liban. En 1925, ils débarquent à Marseille (ce qui justifie le présent hommage), avant de monter à Paris. Là, ils vivent de petits métiers tout en fréquentant en auditeurs libres les bancs de la Sorbonne. En 1934, ils adhèrent au parti communiste et au HOC (comité de secours pour l’Arménie).
Durant la 2nde guerre mondiale, à partir de 1941-1942, Missak Manouchian adhère au militantisme clandestin de la MOI (Main-d’œuvre Immigrée). En juillet et août 1943, il devient commissaire technique, puis militaire, des FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans – Main-d’œuvre Immigrée) de Paris. Il dirige alors une cinquantaine de résistants étrangers (Juifs, Arméniens, Polonais, Espagnols). Entre août et la mi-novembre 1943, le groupe de Manouchian réalise des actions armées et de sabotage ; on lui doit notamment l’exécution du général Julius Ritter, responsable du STO (Service du Travail Obligatoire) le 28 septembre 1943.
Manouchian est arrêté le 16 novembre 1943 ; vingt-trois de ses camarades sont pris dans les jours suivants. Les Nazis exploitent leur arrestation à des fins propagandistes avec l’aide de la presse collaborationniste : ils sont présentés comme « l’armée du crime » sur une Affiche rouge. Missak Manouchian y apparaît au centre avec la légende suivante : Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. Le groupe est condamné à mort.
L’hommage se divise en deux éléments : d’une part le buste en bronze de Missak Manouchian (dont j’ignore l’auteur ; peut-être un sculpteur arménien), d’autre part une stèle avec le nom de ses camarades fusillés avec lui au Mont Valérien. L’initiative de cette commémoration marseillaise revient au JAF, la Jeunesse Arménienne de France). Elle me semble salutaire dans une ville qui possède un fort taux d’immigrés. Il est bon de rappeler ce que les étrangers ont pu donner pour la liberté de notre pays alors que le monument a été tagué d'une croix gammée le 27 juin dernier ! 

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