vendredi 19 décembre 2014

Le Moineau de Lesbie (François Truphème sculpteur)

François Truphème

J’ai trouvé sur internet un portrait gravé du sculpteur aixois François Truphème (1820-1888), vraisemblablement publié dans la presse au moment de sa mort.
Je profite donc de cette trouvaille pour exprimer un regret : la disparition des sculptures de l’école provençale des XIXe et XXe siècles des salles d’exposition du musée des Beaux-Arts, récemment rouvert.  Parmi les œuvres remisées en réserve se trouve Le Moineau de Lesbie de Truphème. Il s’agit d’une statue de marbre, datant de 1874 et réalisée d’après un plâtre ayant figuré au Salon des Champs-Élysées de 1870. Acquise par l’État, elle a été déposée à Marseille en 1875.

François Truphème, Le Moineau de Lesbie, marbre
Carte postale

Le sujet s’inspire d’une courte élégie du poète latin Catulle (87-54 avant J.-C.) : « Déploration du moineau de Lesbie » (Poèmes, III) qui raconte la tristesse d’une jeune femme, Lesbie, suite au trépas de son oiseau chéri. Pour sa part, Truphème choisit de représenter cet amour animalier du vivant du moineau.

mardi 9 décembre 2014

Bibliographie

Les livres consacrés à des sculpteurs marseillais sont très rares. Aussi la parution, cet automne, d’une monographie consacrée à Pierre Puget fait-elle l’événement. Elle est l’œuvre de Marie-Paule Vial et de Luc Georget qui avaient organisé, à la Vieille Charité, la grande exposition de 1994, à l’occasion du tricentenaire de la mort de l’artiste. D’un format quasi de poche et d’un petit prix (15 €), l’ouvrage présente de très belles illustrations… avec une majorité d’œuvres provenant de la riche collection du musée des Beaux-Arts de Marseille. Un ouvrage indispensable lorsqu’on s’intéresse à la sculpture phocéenne !

Pierre Puget sculpteur, peintre, architecte
Couverture & 4e de couverture

mercredi 3 décembre 2014

Blason des Messageries Maritimes (Félix Guis sculpteur)

La place Sadi Carnot – rebaptisée ainsi en souvenir de la visite du président de la République, les 16 et 17 avril 1890 – est inaugurée en 1868. Elle devient rapidement un haut lieu de spectacles. Elle accueille, entre autres, le cirque Cottrely (1872-1876) ou le théâtre de l’Alhambra (1895) qui brûle le 17 avril 1903. Sur ses ruines, l’architecte Jean Séguéla (1862-1910) édifie l’hôtel Régina en 1908. Ce palace de 250 chambres, reconnaissable à sa tour, est alors le seul établissement de luxe à proximité du Vieux-Port et des docks. Par la suite, la Compagnie des Messageries Maritimes rachète l’hôtel pour en faire son siège phocéen.

L’hôtel Régina, carte postale

En 1851, l’armateur marseillais Albert Rostand (1818-1891) s’associe à Ernest Simons, le directeur des Messageries Nationales, afin d’étendre l’activité de cette société sur les mers. La nouvelle compagnie des Messageries Nationales – devenue rapidement Messageries Impériales – prend son nom définitif en 1871. Sa fonction est double : d’abord, transporter des passagers et du fret ; ensuite, assurer le transport du courrier et des messageries.
Les Messageries Maritimes remodèlent la façade de l’ancien hôtel… vraisemblablement entre 1945 et 1960. La tour disparaît et, pour orner la fenêtre dhonneur, le sculpteur Félix Guis (1887-1972) recoit la commande dun grand médaillon ovale représentant leur blason : une tête de cheval, coiffée d’une couronne crénelée, sur une ancre. Une fois le modèle en plâtre accepté, l’artiste réalisa le motif dans un matériau pérenne (béton ?).

Félix Guis, blason des Messageries Maritimes
Médaillon plâtre, collection de l’Association French Lines

Félix Guis, blason des Messageries Maritimes
Place Sadi Carnot, 2e arrondissement

La Compagnie des Messageries Maritimes, absorbée par la Compagnie Générale Transatlantique pour devenir la Compagnie Générale Maritime, cesse d’exister le 23 février 1977. L’administration récupère alors son siège pour y héberger les services administratifs du Trésor Public.