jeudi 26 mars 2015

Palmarès de l’École des beaux-arts (année 1902-1903)

Bien que ce ne sois pas systématique, le Bulletin municipal officiel donne régulièrement le palmarès de l’École des beaux-arts. L’un des plus complets est celui de l’année 1902-1903, avec la publication du discours et la liste fournie des lauréats.

Bulletin municipal officiel, 26 juillet 1903, p.567-571
Archives municipales de Marseille 1C10

Cette année-là, le palmarès récompense plusieurs sculpteurs qui vont faire carrière, voire dominer la scène artistique phocéenne durant soixante ans.

Classe de dessin [Les élèves sculpteurs se devaient apprendre les bases du dessin avant d’intégrer les classes de sculpture.]
     2e division – professeur : Louis Maistre
2e section – 1er prix ex aequo : Guis Victor 
[Il se fera plus tard appeler par son second prénom, Félix]
     3e division – professeur : Pierre Jean
2e section – mention : Vézien Élie

Classe de sculpture – professeur : Émile Aldebert
     Modèle vivant (figure historiée) – Prix Cantini d’une valeur de 200 francs
Prix à l’unanimité – 200 francs : Botinelly Louis
Mention avec éloge : Verdilhan André
Travail hors concours : Mourgues François

     Tête d’expression – Prix Cantini d’une valeur de 100 francs
1er prix – 100 francs : Martin Alexandre
Mention avec éloges : Magherini Alexandre
[Martin et Magherini s’associent après la guerre de 14-18 et réalisent ensemble de nombreux monuments aux morts, notamment à Marseille ceux de Saint-Barnabé, de La Valentine et des Olives.]

     Prix de l’École
1er prix : Verdilhan André
2e prix : Martin Alexandre
1e accessit : Mourgues François

     Académie
1er accessit : Magherini Alexandre

     Buste, 1ère section – Saint Paul
1er accessit avec éloges ex aequo : Sartorio Séraphin 
[Il se fera plus tard appeler par son second prénom, Antoine]

     Buste, 2e section – Auguste (antique)
 2e prix : Guis Victor

     Travaux hors concours
Mention avec éloges : Verdilhan André
Mention : Mourgues François
Mention : Botinelly Louis

     Don de M. le Ministre des Beaux-Arts, un ouvrage d’art, décerné à M. Botinelly Louis

Classe de l’ornement – professeur : Pierre Rey
     Prix Cantini d’une valeur de 100 francs
Rappel de prix avec éloges : Botinelly Louis
Rappel de prix : Mourgues François
Mention : Martin Alexandre
Mention : Verdilhan André

     Prix Granoux d’une valeur de 250 francs
Rappel de prix : Mourgues François
Rappel de prix : Botinelly Louis
Prix de 100 francs : Magherini Alexandre
Prix de 100 francs : Martin Alexandre
Mention : Verdilhan André

     Prix de la Chambre syndicale des arts et industries du bâtiment (d’une valeur de 100 francs, sur programme)
Rappel avec éloges : Mourgues François
Prix de 100 francs : Botinelly Louis

     Section de la plante vivante
1er prix : Botinelly Louis

     Photographie – 2e section : Rinceau Renaissance
2e accessit : Guis Victor

Classe de mise au point – professeur : Valentin Pignol
     Prix Dubief d’une valeur de 150 francs
1er prix de 100 francs : Magherini Alexandre
2e prix de 50 francs : Botinelly Louis

     Prix de la classe – 1ère division
Rappel de prix : Mourgues François

     Prix de la classe – 3e division
1er prix : Sartorio Séraphin
1er accessit : Guis Victor

jeudi 5 mars 2015

Fontaine Bonaparte (Barthélemy Chardigny sculpteur)

J’ai trouvé au Cabinet des médailles de Marseille – lequel se situe dans l’enceinte des Archives municipales, rue Clovis Hugues – l’un des rares visuels de la Fontaine Bonaparte. Il s’agit du revers d’une médaille, gravée par Pierre Poize en 1802. C’est l’occasion de revenir sur le destin de cette œuvre dont il n’existe plus que la colonne aujourd’hui.

Pierre Poize, Fontaine Bonaparte, médaille or, 1802
Cabinet des médailles

Charles Delacroix, premier préfet des Bouches-du-Rhône, initie un programme de fontaines décoratives et commémoratives au cours de son mandat. Il en prévoit une en l’honneur du Premier consul pour embellir le cours Bonaparte (aujourd’hui cours Pierre Puget). Pour ce faire, le Conseil municipal commande, le 18 février 1801, un buste pour couronner une colonne antique offerte par la Ville d’Aix-en-Provence et trois bas-reliefs pour le piédestal à Barthélemy Chardigny (1757-1813).
La pose de la première pierre intervient le 13 novembre 1801 ; le monument est achevé en juillet 1802. Malheureusement, son caractère politique nuit rapidement à sa pérennité. En 1814, une fleur de lis dorée remplace le buste et, en 1816, la dédicace « À Bonaparte / Vainqueur et Pacificateur / Marseille reconnaissante » est effacée. Enfin, en 1818, la fontaine est supprimée ; seule la colonne antique est conservée et placée au sommet du jardin de la Colline (aujourd’hui colline Puget).

Anonyme, Colline et colonne Bonaparte, gravure, vers 1865-1870

Sous le Second Empire, en 1858, la municipalité refait le chapiteau et réinstalle un buste de Bonaparte. Cependant, après la chute du régime, en 1873, un buste de Pierre Puget, sculpté en 1816 par Jean-Joseph Foucou (1739-1821) lui est définitivement substitué.