mercredi 17 juin 2015

Projet de monument à Gustave Ganay (sculpteur inconnu)

Le samedi 27 juin prochain, la maison de ventes Coutau-Bégarie vendra aux enchères à l’hôtel Drouot, à Paris, un projet en plâtre de monument au coureur cycliste Gustave Ganay (1892-1926), mort des suites d’une chute à vélo consécutive à l’éclatement de son pneu, au Parc des Princes, le 23 août 1926. C’est du coup l’occasion de compléter une notice que j’ai rédigée le 18 janvier 2011 à ce propos.

Anonyme, Projet de monument à Gustave Ganay, 1938
Maquette plâtre, H. 65cm – L. 80 cm
Estimation : 2 000 € / 2 500 €

Cette superbe maquette qui montre le cycliste dans l’action de façon très stylisée, mélange de futurisme et d’art déco, est l’un des projets qui participe au concours organisé en 1938 par le quotidien Le Petit Marseillais. À l’issue dudit concours, la réalisation du monument échoit au grand prix de Rome marseillais Élie-Jean Vézien (1890-1982)… Hasard des calendriers, la maquette de Vézien pour ce monument sera elle-même montrée au public, cet été, à la bibliothèque de l’Alcazar, dans l’exposition que l’Académie de Marseille consacre à son patrimoine. Espérons que ce sera également l’occasion pour la ville de Marseille de replacer le monument réalisé sur le parvis du Stade Vélodrome dont les travaux sont achevés.

Élie-Jean Vézien, Gustave Ganay
Maquette plâtre avec clous de mise au point, 1938
Académie de Marseille, 1er arrondissement

Élie-Jean Vézien, Monument à Gustave Ganay, 1938
Parvis du Stade Vélodrome (avant son enlèvement pour travaux), 8e arrondissement

lundi 8 juin 2015

Henri Lombard (Daniel Bérard peintre)

Hier, j’ai acheté un superbe portrait peint représentant le sculpteur Henri Lombard (1855-1929). J’avais déjà croisé la route de ce tableau, en 1994 : il appartenait alors à la fille de l’artiste que j’avais rencontrée au cours de mes recherches de thèse. Deux décennies plus tard, je suis tombé dessus en farfouillant sur Ebay.

Daniel Bérard, Henri Lombard, h/t, vers 1878-1880
Collection personnelle

C’est une huile sur toile de qualité, mais ni signée ni datée. D’après l’âge du modèle, je situe son exécution autour de 1880. Or, il se trouve que le peintre brésilien Daniel Bérard (1848-1910) a exposé au Cercle artistique de Marseille, en avril 1880, un portrait du statuaire. Le Petit Marseillais du 20 avril 1880 en parlait de la sorte : « M. Daniel Bérard (peintre) a campé et reproduit dans une charmante allure le sculpteur M. Lombard » (L. Sifferman, « Exposition de peinture au Cercle artistique de Marseille »). Ce même portrait est peut-être également le Portrait de M. H. L… exposé au Salon des Champs-Élysées de 1878.
Henri Lombard a vraisemblablement convaincu l’artiste brésilien d’effectuer un séjour à Marseille et d’exposer au Cercle artistique où lui-même présente un médaillon en bronze, Mme A. R… Ce médaillon, dont le modèle en plâtre figure au Salon des Champs-Élysées de 1879 (n°5191), lui obtient d’ailleurs le prix de sculpture (500 francs), ex æquo avec Émile Aldebert (1828-1924).
Quoi qu’il en soit, il est fort probable que mon acquisition soit le portrait peint par Daniel Bérard.

Addenda du 13 mars 2016 : J’ai trouvé une autre critique de ce tableau dans La Provence artiste du 15 mai 1880. Louis d’Outremer le présente ainsi : « Daniel Béraud [sic]. Le n°15 est le Portrait d’un jeune homme ; c’est bien campé, peint largement. Nous désirerions cependant plus d’air entre le fond et le personnage. »  

Addenda du 28 juillet 2016 : Le peintre brésilien et le sculpteur marseillais se connaissent depuis plus longtemps que je ne le supposais. En effet, Daniel Bérard (de Rio de Janeiro) se forme à l’école des Beaux-Arts de Marseille au début des années 1870. Ainsi, Lombard et Bérard sont-ils tous deux primés au concours d’académie d’après la bosse au cours de l’année scolaire 1872-1873 : le premier obtient le 2e 2nd prix et le second une médaille d’encouragement.

Henri Lombard, Le Faune au chevreau, dessin, 1873
Archives municipales de Marseille

Daniel Bérard, Le Faune au chevreau, dessin, 1873
Archives municipales de Marseille

vendredi 5 juin 2015

Fontaine aux oiseaux (Jean-Michel Folon sculpteur)

Le mercredi 27 mai 2015, le peintre et sculpteur belge Jean-Michel Folon (1934-2005) a obtenu une enchère à 275 440 € frais compris – record mondial pour cet artiste – pour une sculpture en bronze à patine verte intitulée Fontaine aux oiseaux. Cette œuvre grandeur nature (178 x 180 x 130 cm), datée de 1994, a été tirée en huit exemplaires par le fondeur Romain et Fils. Or il se trouve que la statue a été conçue pour orner le bassin de la cascade du parc Borély. Depuis 1995, les Marseillais profitent donc gratuitement d’un double de ce chef-d’œuvre hors de prix !

Jean-Michel Folon, Fontaine aux oiseaux, bronze, 1994
 statue et dédicace © Xavier de Jauréguiberry
Parc Borély, 8e arrondissement

L’iconographie présente un homme en pardessus et chapeauté tendant le bras et la main comme pour inviter les oiseaux de plume ou d’airain à s’y poser et à picorer une nourriture imaginaire. On reconnaît bien là la poésie de cet artiste célèbre pour son générique d’Antenne 2 dans les années 1970.