lundi 30 novembre 2015

Le rond-point de Mazargues avant l’Obélisque

Jean-Marc Nardini, l’un de mes lecteurs amoureux de Mazargues, a relevé quelques incohérences dans mon blog. Le 1er mai 2013, j’avais reproduit un projet de fontaine pour le rond-point de Mazargues que je datais du Second Empire. Or le boulevard Michelet et ledit rond-point datent des années 1890. Il est possible que des projets aient été imaginés vers 1860 mais celui-ci est sans doute plus tardif.

Projet de fontaine pour le rond-point de Mazargues
Plan et élévation
Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 7 O 17-3

Le projet prévoyait une colonne, inspirée de celle de la fontaine Saint-victor qui se trouve aujourd’hui au parc Borély ; pour des raisons d’économie, elle n’a sans doute jamais été réalisée… ce que semble prouver une carte postale que Jean-Marc Nardini m’a communiquée.

Fontaine du rond-point de Mazargues
Carte postale, vers 1905-1910

Cette fontaine a disparu vers 1910-1911, lorsque l’obélisque qui se dressait sur la place Castellane a été transféré à Mazargues pour céder sa place à la fontaine Cantini. Il n’en subsiste guère que les masques de lion qui ornent à présent le piédestal de l’obélisque mais qui ont perdu leur fonction première : cracher de l’eau.

Piédestal de l’obélisque
Rond-point de Mazargues, 9e arrondissement
© Xavier de Jauréguiberry

samedi 14 novembre 2015

Jean Bouin (Constant Roux sculpteur)

Je pensais avoir tout dit sur le Jean Bouin de Constant Roux (1865-1942) ; je me trompais. Pourtant, j’avais retracé l’histoire du monument qui jusqu’à peu encore ornait le parvis du stade Vélodrome (notice du 6 février 2011) et présenté le buste qui surmonte le cénotaphe du champion mort pour la patrie au cimetière Saint-Pierre (notice du 9 février 2011).
Or, il se trouve que la réduction de la statue a servi de trophée sportif. C’est ce que je souhaite évoquer aujourd’hui : l’éditeur de ladite réduction – la fonderie Susse Frères – crée en effet, en 1935, un challenge dont le prix est la statuette de Jean Bouin ; elle récompense chaque année le meilleur coureur de demi-fond français avant d’être remise en jeu. Seul un athlète remportant cinq fois le titre pouvait prétendre à la garder définitivement, ce que parvint à faire Marcel Hansenne.

Constant Roux, Jean Bouin, réduction bronze
Exemplaire du Musée national du Sport, Paris

Toutefois, avant même que la statuette devint un trophée, Constant Roux semble avoir réalisé un bas-relief dans ce but. Effectivement, ce week-end, la salle de ventes aux enchères de Villeneuve-sur-Saône vend une plaque de bronze à patine noire figurant Jean Bouin courant, dans la même attitude de nu héroïque que dans la statue ; à l’arrière-plan, une barrière sur laquelle le sculpteur a signé symbolise la limite de la piste. Cette œuvre de 47 cm par 42 cm est fixée à un panneau en chêne ; une plaque la dédie Marcel Reliat, spécialiste du 400 m, champion de France en 1930 à Lyon. Mais, peut-être, le relief avait-il déjà servi de trophée avant cette date si l’on considère la partie qui semble grattée – comme si on avait effacé une inscription – sous le pied droit de l’athlète.

Constant Roux, Jean Bouin, bas-relief bronze
Salle des ventes de Villeneuve-sur-Saône