lundi 8 août 2016

La Madone de l’Unité (Ghiorgo Zafiropulo sculpteur)

Le 28 septembre 2015, l’association « Madone de l’Unité » a offert à la ville de Marseille une statue en bronze. Celle-ci a été érigée sur le parvis de l’église des Accoules où elle a été bénie par le vicaire général, le père Brunet, et inaugurée par le sénateur-maire Jean-Claude Gaudin.

Ghiorgo Zafiropulo assis dans son atelier
près du plâtre de La Madone de l’Unité
Photographie, 1979, archives Zafiropulo

Le sculpteur Ghiorgo – né Georges – Zafiropulo (Marseille, 7 juin 1909 – Pâlis, Aube, 18 août 1993) est issu de l’élite de la communauté grecque de Marseille. Sa position sociale s’ennoblit le 19 mai 1937 lorsqu’il épouse à Vienne, en Autriche, la princesse Isabella von Schönburg-Hartenstein (1901-1987). Le couple mène alors une vie cosmopolite parfois contrainte par les événements historiques (Autriche, France, Suisse, Irlande, Afrique du Sud).
Malgré un goût prononcé pour l’art sans doute hérité de son père Polybe Zafiropulo (1868-1951, grand collectionneur de faïences marseillaises du XVIIIe siècle), Ghiorgo Zafiropulo s’adonne à la sculpture tardivement, de retour du Transvaal (1947-1955) où il avait créé sans grand succès une exploitation agricole délevage. Dans les années 1960, il modèle des statuettes animalières (chevaux, taureaux) et des danseurs. À la fin des années 1970, épris de spiritualité mêlant catholicisme et bouddhisme, il se consacre à une œuvre monumentale, La Madone de l’Unité.

Ghiorgo Zafiropulo, La Madone de l’Unité, bronze, 1979/2015
Parvis de l’église des Accoules, 2e arrondissement
Ensemble et monogramme GZ du sculpteur

La Madone de l’Unité est une Vierge à l’Enfant. Les visages des deux personnages puisent leur inspiration dans le suaire de Turin, leur conférant une expression douloureuse et résignée. Le groupe repose sur un dodécaèdre de douze pentagones réguliers s’inscrivant dans une sphère, symbole platonicien de perfection : le socle évoque simultanément le nombre d’or, le ciel et la terre, et par extension la présence divine.
Le monument (Madonna dell’Unita), d’une hauteur totale de 2,10 m, est fondu en 1979 et installé dans la communauté des Focalari, à Mariapoli Loppiano, en Toscane, dans laquelle l’artiste a vécu plusieurs mois. En 1981, il fait fondre une seconde version, prenant ici le vocable de Notre-Dame de la Très Sainte Espérance, pour Saint-Étienne-de-Tinée, dans les Alpes-Maritimes.
En 2015, l’association « Madone de l’Unité » a donc commandé à la fonderie florentine Il Cesello, avec laquelle Ghiorgo Zafiropulo a travaillé, une nouvelle fonte destinée à la ville natale du sculpteur. Désormais, la statue participe à la vie spirituelle de l’église des Accoules : un jour de fête lui est même consacré, coïncidant avec celui du « Saint Nom de Marie ». Cette cérémonie avec une messe sera célébrée le samedi 17 septembre prochain, à 18 heures.

Pour en savoir plus sur Ghiorgo Zafiropulo, je vous renvoie au site de Marina Lafon, petite-nièce du sculpteur et présidente de l’association « Madone de l’Unité » : www.zafiropuloghiorgo.com

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