mercredi 25 mai 2016

Monument aux morts de Sainte-Anne (Francis André sculpteur)

Comme chaque année à la même époque, j’ai moins de temps à consacrer à mon site. Du coup, j’inverse les rôles. Aujourd’hui, c’est moi qui cherche des informations : l’un de mes lecteurs m’a demandé des informations sur le Monument aux morts du quartier Sainte-Anne et je n’avais que peu de choses à lui apprendre.

Francis André, Monument aux morts, groupe pierre, 1921-1922
Place Léopold Bavarel, devant l’église Sainte-Anne
 8e arrondissement

Je sais juste que la municipalité accorde une subvention de 500 francs au comité de Sainte-Anne pour l’érection de son monument (Archives municipales 1D214, délibération du 3 juin 1921, p.40) et que ce groupe est l’œuvre du sculpteur Francis André (sur lequel je n’ai quasiment aucune information biographique). Donc, si quelqu’un possède des informations sur l’histoire de ce monument ou sur la vie de l’artiste, je suis preneur.
Ceci dit, l’iconographie représente un poilu mourant – sans doute victime d’un éclat d’obus qui a détruit la roue à ses pieds – couronné de laurier par une allégorie. Cette dernière paraît toutefois singulière car elle n’a pas l’allure traditionnelle d’une Victoire ou de la France.

lundi 2 mai 2016

Francis Warrain

J’ai vu dernièrement en vente sur Ebay une photographie du sculpteur marseillais Francis Warrain dans son atelier. C’est l’occasion pour moi d’étoffer la notice que je lui avais consacrée dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte-d’Azur : en effet, je n’y parlais que de son activité de sculpteur ce qui, au vu de mes connaissances actuelles, s’avère trop réducteur.

Francis Warrain dans son atelier de sculpture
Photographie, vers 1900
L’artiste est entouré de moulage ; seule la statuette en terre
sur la sellette à sa gauche semble de sa main.

Warrain Francis (Marseille, 10 octobre 1867 – Vasouy, Calvados, 24 février 1940), sculpteur
Élève de Louis Noël (1839-1925) à Paris, il expose au Salon de la Société des artistes français entre 1901 et 1923 : M. de B… (buste marbre, 1901), Mme X… (médaillon marbre, 1902), Brünhild (statue marbre, 1903 – musée des beaux-arts de Marseille), Tête d’ascète (plâtre, 1906), Sainte Cécile et les anges (petit groupe bronze, 1923). Il participe également aux expositions de la Société nationale des beaux-arts : Étude pour une Freia [sic] (bronze) et Tête de jeune fille (1907), Harpiste (statue plâtre, 1908). Par contre, il se fait rare dans sa ville natale : Freya (statuette bronze, Exposition coloniale, 1906).

Ceci étant, il convient d’ajouter que Francis Warrain appartient à la haute-bourgeoisie marseillaise à l’instar de Charles Delanglade (1870-1952) avec lequel il partage l’amour de la musique wagnérienne[1] et auquel il est apparenté : sa cousine germaine Marie Warrain (1874-1936) est en effet l’épouse du médecin Édouard Delanglade (1868-1917), frère de Charles. Francis Warrain épouse le 12 avril 1888 Alix Baillehache-Lamotte (1866-1943), issue de la noblesse normande.
Il prépare le concours de la Cour des Comptes avant de se tourner vers la sculpture. Toutefois, l’art et l’esthétique le conduisent bientôt à la philosophie, puis à la métaphysique et aux mathématiques auxquelles il consacre plusieurs ouvrages. Enfin, engagé volontaire en octobre 1914, il part au front avec le grade de lieutenant et finit la guerre capitaine, honoré de la Croix de guerre et de la Légion d’honneur.


[1] Plusieurs sculptures en témoignent comme Brünhild ou Freya.