lundi 24 octobre 2016

Dégradation de la fontaine Espérandieu

Le journaliste David Coquille m’interpelle sur la dégradation de la Fontaine Espérandieu qui surplombe la place Carli. Cette fontaine décore l’un des bâtiments majeurs de la ville, le palais des arts, dernière œuvre de l’architecte Henry Espérandieu (1829-1974). Pour l’historique de la fontaine, je renvoie à ma notice du 22 novembre 2009.

Lucien Chauvet & Jules Cavelier, Fontaine Espérandieu, 1868
Boulodrome du Palais des Arts, place Carli, 1er arrondissement

David Coquille désespère de son impuissance face à cette lente dégradation. Peut-être serait-il temps que les Marseillais amoureux de leur ville fassent remonter à leurs élus leur mécontentement de voir un magnifique bâtiment du centre-ville – à deux pas du commissariat central ! – si maltraité.

Addenda du 16 décembre 2016 : Victoire ! La municipalité a entendu les cris de protestation des riverains et a fait procéder au nettoyage de la fontaine Espérandieu cette semaine (du lundi 12 au jeudi 15). Elle retrouve donc sa splendeur… en espérant qu’elle ne redevienne pas, par la même occasion, une page blanche pour graffeurs !
Nettoyage de la fontaine Espérandieu, jeudi 15 décembre 2016

mardi 11 octobre 2016

Saint Yves et Saint Antoine de Padoue (Louis Castex sculpteur)

L’église Saint-Charles intra-muros est certainement l’une de mes églises marseillaise préférée pour ses proportions intimistes et son décor. On y trouve notamment deux statues en pierre dues au ciseau du sculpteur Louis Castex (1868-1954) : Saint Yves et Saint Antoine de Padoue.
Originaire de Saumur, dans le Maine-et-Loire, il est l’élève de Jules Cavelier, Ernest Barrias et Henry Maurette. Il fréquente le Salon des artistes français dès 1897 ; il y glane une médaille 3e classe et une bourse de voyage en 1898 pour son bas-relief Vision de la Vierge (n°3260), puis une médaille de 2e classe en 1910 pour un autre bas-relief (Chanteuses, n°3397). Par ailleurs, il obtient une médaille de bronze à l’Exposition universelle de 1900. Il réalise de nombreuses œuvres d’inspiration religieuse, décorant des lieux de culte prestigieux : Notre-Dame de Paris, la basilique de Fourvière, l’église Sainte-Thérèse de Lisieux…

Louis Castex, Saint Yves, statue en pierre
Église Saint-Charles intra-muros
Angle de la rue Breteuil et de la rue Grignan, 1er arrondissement

Les statues de Castex qui se trouvent dans cette église sont l’œuvre d’un don de l’avocat Auguste Rampal. La première est celle de Saint Yves, patron des avocats, prêtant serment. Il s’agit probablement de la statue exposée au Salon des artistes français de 1914 (n°3592). Un petit bas-relief cintré, en bronze doré, figurant le Jugement de saint Yves, est enchâssé dans le piédestal de la sculpture et complète l’iconographie.

Louis Castex, Jugement de Saint Yves, bas-relief en bronze doré
Église Saint-Charles intra-muros
Angle de la rue Breteuil et de la rue Grignan, 1er arrondissement

La seconde sculpture de Louis Castex représente Saint Antoine de Padoue vêtu de la bure franciscaine ; il tient l’Évangile de la main gauche et porte l’Enfant Jésus de son bras droit. Il est, entre autres, le patron des marins et des naufragés – très utile dans un grand port ! – mais aussi celui des prisonniers.

Louis Castex, Saint Antoine de Padoue, groupe en pierre
Église Saint-Charles intra-muros
Angle de la rue Breteuil et de la rue Grignan, 1er arrondissement

Les deux sculptures de Louis Castex figurent donc, dans une église située derrière le palais de justice, les protecteurs des avocats et de leurs clients.