vendredi 16 juin 2017

Actualité des ventes marseillaises

Juin est toujours un gros mois pour les ventes aux enchères, avant la trêve estivale. J’ai donc décidé de mettre l’accent sur quelques œuvres intéressantes qui passent prochainement sur le marché marseillais.

Louis Patriarche, Exposition coloniale de Marseille, 1906
Plaquette en bronze argenté, 5,5 x 8,5 cm
Avers & revers

Aujourd’hui, vendredi 16 juin, l’Étude de Provence propose à la vente une belle médaille de forme rectangulaire dont l’avers reprend l’affiche de l’Exposition coloniale de 1906 peinte par David Dellepiane (1866-1932, cf. notice du 1er décembre 2016) : les habitants des colonies françaises arrivant à Marseille en bateau. Cette plaquette est l’œuvre du sculpteur-médailleur corse Louis Patriarche (Bastia, 1872 – Nîmes, 1955). L’estimation est de 350 / 450 €.

Gaston Cadenat, Débardeurs, 1935
Bas-relief en plâtre patiné, 28 x 62 cm

Vendredi 30 juin, l’étude d’Hervé Tabutin présente un sculpteur rare aux enchères : Gaston Cadenat (1905-1966). L’œuvre est une épreuve en plâtre patiné du bas-relief qui lui vaut une médaille d’argent  au Salon de la Société des artistes français de 1935 : Débardeurs. L’estimation est de 200 / 260 €.

Manufacture de la veuve Perrin, Fontaine Fossati, 1789
Surtout de table en faïence polychrome, H. 50,5 cm – L. 21 cm
Ensemble et détail

La pièce la plus intéressante est cependant proposée par l’étude de Damien Leclère, ce même vendredi 30 juin. Il s’agit d’une céramique reproduisant la Fontaine Fossati, érigée en 1778 sur la place La Tour (aujourd’hui place du Général de Gaulle) puis transférée place des Capucines (cf. notice du 8 avril 2013). Elle porte une inscription en latin : fons Marsillia Civittati Facta Fuit Anno M.DCCLXXXIX. D’autres exemplaires existent, avec des variations de couleurs, notamment musée Borelly ; pour les curieux, Marina Lafon leur a consacré un article dans la revue Marseille d’avril 2017 (n°254, Marseille en miniature, « La Fontaine Fossati, ses tribulations et ses représentations en faïences au XVIIIe siècle », p.65-71). Cette pièce rare est estimée entre 3000 et 5000 €.

lundi 5 juin 2017

Le poilu à l’assaut (Félix Guis sculpteur)

Aujourd’hui, j’ai décidé de publié un extrait de mon article « Esquisses, maquettes, modèles et autres réductions : sculpter en miniature pour rêver Marseille en monumental » paru dans la revue Marseille (n°254, avril 2017, p.86-93).

Félix Guis, Projet de monument aux morts
Maquette en plâtre, vers 1920-1925, collection particulière

Conséquence de 14-18, l’Entre-deux-guerres connaît une effervescence sculpturale sans précédent. La loi du 25 octobre 1919 encourage en effet l’érection de monuments aux morts pour la Patrie[1]. En ce qui la concerne, la cité phocéenne abandonne cette prérogative à ses quartiers qui aussitôt – soit individuellement, soit en se regroupant – forment des comités pour élever un mémorial. Ceux-ci demandent aux sculpteurs et entrepreneurs locaux, par le biais d’un marché de gré à gré ou d’un concours, des projets de monument. Les maquettes soumises symbolisent la Douleur, la Victoire ou Gallia, image de la France éternelle. Toutefois, le motif emblématique reste la figure du poilu, montant la garde ou mourant ; le poilu combattant, trop réaliste ou agressif, n’est jamais retenu. La maquette de Félix Guis en fait les frais : son soldat hurlant, un masque à gaz sur la poitrine, qui s’élance à l’assaut, prêt à jeter une grenade, ne trouve pas preneur[2]. Seule l’Union des volontaires français et alliés ose ce parti-pris pour son monument, œuvre de l’Italien Luigi Betti, érigé en 1925 au cimetière Saint-Pierre (cf. notice du 21 octobre 2013).

Luigi Betti, Monument aux Volontaires français et alliés
Statue en bronze, 1925, Cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement


[1] « Des subventions seront accordées par l’État aux communes en proportion de l’effort et des sacrifices qu’elles feront en vue de glorifier les héros morts pour la Patrie. » (article 5).
[2] Guis puise son réalisme dans son expérience : mobilisé du 1er juillet 1915 au 1er août 1919, il combat au front, dans l’aviation.

vendredi 19 mai 2017

Le pavillon Rivoire & Carret (François Carli sculpteur)

Les cousins Claudius Rivoire (1835-1895) et Jean-Marie Carret (1829-1913) fondent en 1860, à Lyon, une entreprise de pâtes alimentaires. Toutefois, afin de se rapprocher de leurs matières premières provenant principalement du Maghreb, ils s’installent en 1890 à Marseille, dans le quartier Saint-Marcel (11e arrondissement). Par la suite, dans les années 1930, leur usine – dont les bâtiments labélisés patrimoine XXe ont été rachetés par la ville en 2003 – déménage à la Valbarelle (11e arrondissement).

Gabriel Héraud (architecte) et François Carli (sculpteur)
Pavillon Rivoire & Carret, 1906
Carte postale

Aujourd’hui, ce n’est pas l’usine qui m’intéresse, mais le petit pavillon Rivoire & Carret construit pour l’Exposition coloniale de Marseille de 1906. Le pavillon de style nouille – jamais style n’a été autant d’à-propos ! – est l’œuvre des Marseillais Gabriel Héraud (1866-1941) et François Carli (1872-1957). Il est érigé à l’intérieur du Grand Palais et en est un des principaux attraits. Un littérateur déclare que « l’on admire notamment les panneaux décoratifs célébrant l’apothéose des pâtes alimentaires. Certes, le sujet était plutôt ardu. Mais Carli l’a poétisé, et rien n’est joli et fin comme cette pluie de boites tombant du ciel sur un champ d’épis dorés de soleil. Les anges posés au sommet du dôme de l’édifice sont également d’exquises choses et contribuent à donner un grand cachet artistique à ce pavillon dont il est superflu de souligner l’immense succès »[1].
A propos desdits anges, ils semblent se souvenir des motifs qu’Auguste Carli (1868-1930) a créés pour le Grand Palais de l’Exposition universelle de 1900 et qu’il a repris pour signaler l’atelier-musée des frères Carli au n°6 de la rue Neuve (cf. notice du 26 février 2008).

Auguste Carli, Enfant et masque grotesque, 1899
Maquette vendue aux enchères à Drouot le 18 Mai 2016



[1] S., « L’art à l’exposition. Carli », La Vedette, 18 août 1906, p.409

mercredi 3 mai 2017

Actualité des ventes aux enchères

Samedi 20 mai 2017, une vente aux enchères monégasque dispersera une collection numismatique centrée sur le Second Empire. Parmi les médailles à vendre, deux commémorent l’inauguration de bâtiments marseillais emblématiques.

Lot 85 - Eugène-André Oudiné (Paris, 1810 – Paris, 1887)
Inauguration de palais de la Bourse, médaille en argent, 1860

L’avers représente du palais de la Bourse (Chambre de commerce), œuvre de l’architecte Pascal Coste (1787-1879), avec la date de l’inauguration le 10 septembre 1860 tandis qu’au revers, dans un cartouche posé sur l’aigle impérial, figurent les noms des membres de la chambre de commerce. L’estimation de cette médaille est de 2000 €.

Lot 143 - Louis Merley (Saint-Étienne, 1815 – Paris, 1883)
Inauguration du palais Longchamp, médaille en argent, 1869

L’avers représente le palais Longchamp, œuvre d’Henry Espérandieu (1829-1874) inaugurée le 14 août 1869, qui abrite le muséum d’histoire naturelle et le musée des beaux-arts. Sur le revers, un cartouche soutenu par les différents attributs de la mer contient une inscription de neuf lignes. L’estimation de cette médaille est de 3 000 €.

vendredi 21 avril 2017

Joseph Letz (Philippe Poitevin sculpteur)

En décembre dernier, j’ai acquis deux médaillons en plâtre, d’un diamètre de 40 cm, sculptés par Philippe Poitevin (1831-1907). L’un des deux était accidenté, mais c’est lui qui a décidé mon achat : en effet, il représente l’architecte marseillais Joseph Letz (1837-1890).

Philippe Poitevin, Joseph Letz, médaillon en plâtre
Annoté, signé et daté Mon ami J. Letz / PPoitevin / 1869
Collection personnelle (avant et après restauration)

Joseph Letz est l’élève de Pascal Coste (1787-1879) et le collaborateur d’Henry Espérandieu (1829-1874) sur le chantier du Palais Longchamp. C’est sans doute à cette occasion que Letz s’est rapproché de Philippe Poitevin, le sculpteur étant chargé de l’exécution de quatre médaillons en bronze (cf. notice du 19 octobre 2010) et d’un groupe en pierre (1867). En 1868, il est nommé architecte en chef du département des Bouches-du-Rhône. C’est peu après que Poitevin le portraiture.
Par la suite, il devient l’architecte de la ville de Marseille, à la mort d’Espérandieu. Dans la cité phocéenne, il est l’architecte de la banque de France, du théâtre des Variétés (cf. notice du 16 avril 2008), de la façade en ciment de l’église Saint-Ferréol-les-Augustins (cf. notice du 21 mars 2011), du monument à Espérandieu (cf. notice du 16 avril 2008), de la fontaine Estrangin (cf. notice du 23 novembre 2012)… En 1880, il est élu à l’Académie de Marseille et fait chevalier de la Légion d’honneur, en 1883.

Joseph Letz, vers 1883-1890

samedi 1 avril 2017

Décor sculpté du café Riche (Adolphe Royan sculpteur)

Sous le Second Empire, Marseille est célèbre pour ses somptueux cafés, notamment celui des Mille Colonnes, celui de France et celui des Deux Mondes. C’est cependant à la Belle Époque qu’ouvre le plus luxueux d’entre eux comme son nom l’indique : le café Riche.

Joseph Ganio, Le café Riche, carte postale, vers 1902

L’histoire débute lorsque, en 1900, le cafetier Mollaret commande à Paul Mouren (1864-1931) l’aménagement d’un nouvel établissement à l’angle de la Cannebière (n°1 de l’époque) et du cours Saint-Louis[1]. L’architecte conçoit alors un décor exubérant, de style art nouveau. Le marbrier Jules Cantini (1826-1916) fournit les marbres et les onyx des colonnes et des parements muraux. L’éclairage luxuriant de l’entreprise Roussel & Rébufat forme des grappes de fleurs lumineuses envahissant les stucs et les marbres. Le peintre Pierre Poujol (1858-?) réalise, pour le plafond, une allégorie symbolisant L’Aurore du XXe siècle. Quant au décor sculpté, il est exécuté par l’entreprise familiale A. Royan et Cie.
Le sculpteur-ornemaniste Adolphe Royan (1869-1925) dirige alors l’entreprise fondée par son père Auguste (1837-1908). Paul Mouren connaît bien les Royan : il a déjà collaboré avec eux pour la décoration de l’immeuble de la veuve Corraze sis 37, cours du Chapitre. Pour le café Riche, Adolphe Royan produit un décor stuqué d’inspiration rocaille (coquilles, enroulements de courbes et contre-courbes, guirlandes de fleurs…) dans lequel émerge des masques grotesques et bustes féminins. Enfin, deux plantureuses Sirènes, émergeant des roseaux, soutiennent un balconnet au-dessus de la caisse. C’est sur les roseaux à droite que le sculpteur a signé son œuvre.

Adolphe Royan, Sirène et signature
Détail d’une photo de Joseph Ganio

En 1902, Joseph Ganio – qui tient un magasin de fourniture pour la photographie au 38, quai du Canal – prend une série de cliché du café Riche qui a ouvert au printemps 1901 et en tire des cartes postales. Les originaux signés de ces photos sont, quant à eux, conservés aux archives municipales (16 Fi 717 à 16 Fi 720).


[1] L’emplacement est actuellement celui du Monoprix.

lundi 20 mars 2017

Actualités : de la concordance des faits

Ce mois-ci trois actualités se télescopent :
1-    1-  Paraît ce mois de mars le numéro 254 de revue Marseille dans lequel je publie un article intitulé « Esquisses, maquettes, modèles et autres réductions : sculpter en miniature pour rêver Marseille en monumental » (p.86-93). J’aborde, à travers une quinzaine d’exemples de 1860 à 1940, les différents rôles de la maquette : outil de conception, outil administratif ou outil promotionnel.


Marseille, n°254

2-    2-  Comme un écho à mon article, je viens de trouver sur Ebay une carte postale de la maquette du Monument Edmond Rostand sculptée par Paul Gondard (1884-1953). C’est un document intéressant à deux titres : d’abord, il montre une variation entre le projet et l’œuvre définitive (disparition des Musardines, allégories féminines nues évoquant un recueil de poésies de Rostand) ; ensuite, la carte est également un bon de souscription qui dévoile une part de son mode de financement.

Paul Gondard, Monument Rostand, maquette plâtre, 1923
Carte postale (recto et verso)

1 3- Enfin, à propos du dramaturge marseillais, sachez que Les Amis du Musée Cyrano de Bergerac, présidés par Thomas Sertillanges, ont entrepris la restauration de la tombe des Rostand au cimetière Saint-Pierre. Les travaux de réhabilitation sont achevés et une cérémonie aura lieu sur place le samedi 1er avril 2017, à 11h30, en présence de comédiens de la compagnie de Philippe Car –  L'Agence de Voyages Imaginaires – qui déclameront trois célèbres tirades d’Edmond Rostand. N’hésitez pas à aller assister à cet événement !


Tombe de la famille Eugène et Alexis Rostand restaurée
(face et dos)
Cimetière Saint-Pierre - 10e arrondissement

vendredi 3 mars 2017

La Curée (Andrea Bertozzi sculpteur)

Il y a aujourd’hui à Marseille une sculpture en grand danger. Et peut-être est-il déjà trop tard tant son délabrement est grand ! Pourtant elle se situe dans un cadre privilégié, le jardin d’enfants du parc zoologique, derrière le palais Longchamp. Hélas, son emplacement discret la rend invisible aux yeux du grand public qui, de fait, ne peut s’émouvoir de l’état de cette œuvre méconnue, sinon inconnue.
Cette sculpture en marbre – La Curée – est un groupe animalier figurant un sanglier mis à mort par des chiens de chasse. Il s’agit d’une œuvre originale de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe due au ciseau du sculpteur italien Andrea Bertozzi. Elle a été acquise par le marbrier et mécène Jules Cantini (1826-1916). Comme si  l’art pouvait contrer les horreurs de la première guerre mondiale, Cantini l’offre à la municipalité, l’année de son décès, en même temps qu’une copie du Milon de Crotone (1682) de Pierre Puget qui, depuis 2004, embellit le cours Jean Ballard.

Andrea Bertozzi, La Curée, groupe marbre
Jardin d’enfants du parc zoologique, 4e arrondissement
Ensemble et inscriptions

J’avais photographié ce groupe en 2012 alors qu’il était déjà très dégradé. Je l’ai revu récemment et malheureusement son état a fortement empiré !

mercredi 15 février 2017

Musée subaquatique (Jason deCaires Taylor sculpteur)

Jason deCaires Taylor (né le 12 août 1974) est un sculpteur figuratif britannique, spécialisé dans les sculptures sous-marines. En 2006, il crée le premier musée sous-marin de sculptures à Molinere Bay, dans l’île de la Grenade, aux Antilles. Il récidive en 2010 avec son musée subaquatique d’art situé dans les eaux turquoises de Cancún, au Mexique. Il semble que Marseille ambitionne d’accueillir à son tour un parc aquatique de sculptures et de s’inscrire ainsi dans un circuit international de musées sous-marins.
La Provence, 15 février 2017

jeudi 2 février 2017

Diane et Actéon (Auguste Carli sculpteur)

Le mois dernier, j’ai acheté aux enchères un grand bas-relief en plâtre (66 x 95 cm) d’Auguste Carli (1868-1930) représentant Diane et Actéon. Le sujet mythologique s’inspire des Métamorphoses d’Ovide (livre III, vers 131-252) au moment où le chasseur surprend la nudité de la chaste déesse et de ses nymphes au sortir du bain. Diane tend un doigt accusateur vers jeune homme avant de le transformer en cerf que ses chiens dévoreront.

Auguste Carli, Diane et Actéon
Bas-relief plâtre, 1904, collection personnelle

Carli l’expose dans l’atelier familial, sis n° 6 de la rue Neuve (auj. rue Jean Roque), en décembre 1904. Elzéard Rougier (1857-1926) en parle de la sorte : « Les amateurs apprennent avec joie que l’éloquente maquette du haut-relief de la Caisse d’épargne d’Auguste Carli est offerte à leur acquisition. Rien de plus grandiose pour l’ornementation d’une cheminée. Du même jeune et célèbre auteur, rappelons la Chloé, buste idyllique ; La Fuite en Égypte, Diane et Actéon (bas-reliefs) si expressifs. »[1]
Eugène Rostand (1843-1915), le président de la Caisse d’épargne des Bouches-du-Rhône, s’opposera à la commercialisation de la maquette de son décor. Par contre, Diane et Actéon finit bien en dessus de cheminée dans une propriété cossue du quartier Monticelli. Récemment descellée comme le montrent quelques accidents sur les bords et des traces de mortier, l’œuvre s’est ainsi retrouvée sur le marché de l’art.


[1] Elzéard Rougier, « L’atelier-musée de François Carli », Le Petit Marseillais, 16 décembre 1904

vendredi 6 janvier 2017

Le poète marseillais Paul Rougier (Henri Lombard dessinateur)

J’ai acquis en décembre dernier un portrait à l’encre et rehauts de gouache du poète marseillais Paul Rougier (1849-1899) par le sculpteur Henri Lombard (1855-1929).

Henri Lombard, Paul Rougier
Dessin, vers 1899, collection personnelle

Paul Rougier (Marseille, 18 octobre 1849 – Marseille, 15 mars 1899) est le fils de l’architecte marseillais Joseph Jérôme Rougier (1823-1874). Célibataire et rentier, il est poète (Les Rêves, 1887 ; Dixains sur des fleurs de Provence, 1899). Plusieurs de ses poésies sont mises en musique et deviennent des mélodies à la mode dans la bonne société phocéenne à laquelle il appartient : « Si vous aviez des ailes » (1883), « Berceuse » (1894), « Rêve silencieux » (1894)…
Henri Lombard est un proche de la famille de Paul Rougier. Il réalise ce portrait dessiné sans doute peu après la mort du poète. En 1901, l’éditeur marseillais Henri Michel (1861-1944) publie les derniers poèmes de Rougier avec, en frontispice, la gravure dudit dessin… lequel fait alors partie de sa collection.
Quelques années plus tard, le sculpteur réalise un buste intitulé Les Lauriers à la mémoire du poète. Ce buste allégorique qui existe en différents matériaux (terre cuite, plâtre, pâte de verre…) est exposé dans diverses manifestations : Salon de la Société des artistes français (1907, n°3085) ; exposition internationale d’électricité de Marseille (1908, n°551) ; exposition franco-britannique (1908, n°984). Par ailleurs, le sculpteur offre un buste en marbre à Marguerite Rougier (1891-1949), nièce de Paul Rougier, à l’occasion de son mariage à Marseille avec Henri Eiglier (1885-1916) le 25 avril 1911. L’œuvre est dédicacée « à Henri et Marguerite / Eiglier affectueusement / H Lombard ». Elle figure une jeune femme mélancolique entourée de fleurs – à mon sens des pivoines – et fait sans doute référence à un poème de Rougier tirée des Dixains sur des fleurs de Provence, tout comme Les Lauriers susmentionnés.

Henri Lombard, Les Pivoines
Buste en marbre réapparu sur le marché 
de l’art parisien en avril 2016
Ensemble et dédicace


Addenda du 11 janvier 2017 : J’ai trouvé sur Ebay un exemplaire des Dixains sur des fleurs de Provence. Apparemment, le buste que j’ai intitulé Les Pivoines ne puise pas son inspiration dans ce recueil. Par contre, j’ai découvert que chaque poème est dédicacé ; « Les Lauriers » sont dédiés à Henry [sic] Lombard et « Les Lauriers-Roses » à son frère, l’architecte Frédéric Lombard (1850-1906).

lundi 2 janvier 2017

L’archer (Gaston Cadenat sculpteur)

J’ai trouvé sur Internet une carte postale ancienne représentant L’Archer de Gaston Cadenat (1905-1966). La statuette haute de 42 cm, exposée au Salon de la Société des artistes français de 1933, a été acquise par la Ville de Marseille pour le tout nouveau musée Cantini en cours d’aménagement.

Gaston Cadenat, L’Archer
Carte postale


L’évocation de ce sculpteur rare à Marseille est l’occasion de vous souhaiter une belle et heureuse année 2017… Une dixième année de chasse à la statue marseillaise est officiellement ouverte !