vendredi 15 décembre 2017

César au Centre Pompidou

Le sculpteur marseillais César Baldaccini, dit simplement César (1921-1998) a les honneurs d’une rétrospective à Paris, au Centre Pompidou. L’exposition durera du 13 décembre 2017 au 26 mars 2018, célébrant le vingtième anniversaire de la mort de l’artiste.

Affiche de la rétrospective César

Bernard Blistène, directeur du musée et commissaire de l’exposition, connaît bien César auquel il avait déjà rendu hommage, de son vivant. En effet, en 1993, il avait organisé à la Vieille Charité, en tant que directeur des Musées de Marseille (1990-1996), une grande expo intitulée César, une rétrospective. Plus récemment, du 14 septembre 2013 au 5 janvier 2014, le musée Cantini a exhibé une trentaine d’œuvres offertes par l’artiste à sa ville natale en 1998 dont son célèbre Pouce. Tout ça, pour dire mon regret du retentissant échec du projet de musée César à Marseille dans la dernière décennie du XXe siècle ! Voilà ce qu’écrivait Brigitte Chaillol à ce sujet, dans Les Échos du 9 octobre 1997 :
« Malgré 50 millions de francs déjà investis dans ce projet de musée, la ville a décidé de réaliser à sa place la nouvelle salle du conseil municipal.
Après vingt-quatre mois de fouilles et déjà près de 50 millions de francs investis, Marseille ne construira finalement pas de musée dédié à César. Le célèbre sculpteur avait légué à sa ville natale 186 œuvres, dont 60 compressions, d’une valeur estimée à 183 millions de francs, à condition qu’un musée spécifique soit construit au plus tard pour fin 1997. Ce projet avait été retenu par la municipalité de Robert Vigouroux, et 130 millions de francs prévus pour la réalisation d'un bâtiment enterré, derrière la mairie, avec un financement réparti entre l'Etat, la région et, surtout, la ville. Mais dans ce secteur, cœur de l’antique phocéenne, les probabilités de trouvailles archéologiques sont très élevées et les fouilles préliminaires obligatoires ont été bien plus importantes que prévu.
Dans le trou ainsi creusé, on a notamment trouvé les vestiges d’un des tout premiers murs de Massalia, datant du VIe siècle avant Jésus-Christ, ainsi que les restes d’un quai de la même époque. Par ailleurs, la convention signée avec César, qui imposait un architecte précis, était inégale pour un marché de cette dimension. Autant d’aléas qui ont considérablement rallongé les délais et ont contraint les deux parties à rediscuter. Après plusieurs mois de tractations, la ville et César sont tombés d’accord. Marseille recevra finalement une donation d’une quarantaine d’œuvres qui trouveront leur place dans l’un des musées marseillais. Et le trou de l’ex-musée César accueillera la nouvelle salle du conseil municipal, qui devait normalement être construite sur la dalle d’un parking souterrain voisin. »

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