jeudi 27 septembre 2018

Ernest Pellegrini


J’ai aperçu sur Ebay deux cartes postales du sculpteur marseillais Ernest Pellegrini. C’est donc l’occasion de reproduire la notice que je lui ai consacrée dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte-d’Azur :

Ernest Pellegrini dans son studio, 19 rue de Chateaudun à Cannes
Carte postale, vers 1906-1910

Pellegrini Ernest Noël Gustave (Marseille, 6 juin 1853 – ?), sculpteur
Élève de François Jouffroy (Dijon, 1806 – Laval, 1882) et d’André Allar (Toulon, 1845 – Toulon, 1926), il expose au Salon des Artistes Français le portrait de Mademoiselle C…, en plâtre en 1887 et en marbre en 1888. Après ses études artistiques à Paris, il s’installe à Cannes où il épouse Eulalie Moulin le 6 janvier 1906. Là, il ouvre un important atelier qui réalise la sculpture ornementale de nombreux édifices locaux : des villas (décor en ciment de la villa des Bambous, 1888 ; décor de la façade de la villa La Ruche, début XXe ; décor de la façade de la villa La Brise, 1912), des hôtels (atlantes de la salle à manger de l’hôtel Beau-Site, 1879 ; gypseries de l’hôtel Gallia, 1900), des bâtiments publics (gypseries du vestibule du palais de justice de Cannes, 1902)...

Ernest Pellegrini devant son atelier avec ses ouvriers
Carte postale, vers 1906-1910

vendredi 21 septembre 2018

Le poète et chansonnier Victor Gélu (Oscar Eichacker sculpteur)


Je complète aujourd’hui une notice publiée le 11 mars 2010, consacrée principalement au buste de Victor Gélu (1806-1885) du sculpteur Stanislas Clastrier (1857-1925) fondu en 1942. En effet, je la terminais un peu rapidement : « En 1959, un nouvel hommage répare l’injustice faite au poète marseillais : Oscar Eichacker (1881-1961) réalise un modeste bas-relief en bronze pour le jardin du quai des Belges – posé quasiment à même le sol ! – à la demande du comité Victor Gélu. » Or, la tournure de phrase laisse entendre que le comité commanditaire était responsable de son emplacement. L’heure est donc venue de retracer l’histoire précise de ce monument.

Oscar Eichaker, Victor Gélu, bas-relief bronze, 1859
Jardin du quai des Belges en 2010

Dans les années 1950, le bijoutier marseillais Henri Jullien souhaite remplacer le monument à Victor Gélu disparu pendant la guerre. Consultée, la mairie lui donne un avis favorable tout en imposant des dimensions modestes : de toute évidence, elle préférait une plaque commémorative à un imposant monument ! Henri Jullien constitue aussitôt un comité, demande des devis, lance une souscription publique. La réalisation de l’œuvre est confiée à Oscar Eichacker qui l’achève en 1959.
Cependant, la municipalité semble peu encline à satisfaire les vœux du comité quant à l’érection du monument soit sur la place Victor Gélu, soit le plateau Longchamp où se trouvent déjà les bustes d’Alphonse de Lamartine, de Frédéric Mistral ou de Valère Bernard. S’engage alors une lutte de vingt ans pour obtenir un emplacement. Finalement, un jour de 1979, la mairie adresse un courrier au comité imposant tel jour, telle heure et tel endroit pour l’inauguration. Henri Jullien et Oscar Eichacker étant décédés, le comité accepte de guerre lasse : ce sera le jardin du quai des Belges, au ras du sol !
Les choses changent à nouveau en 2013, lorsque Marseille devient capitale européenne de la culture. Les abords du Vieux-Port sont réaménagés. Le bas-relief est retiré ; deux ans plus tard, en 2015, il est enfin installé dignement sur une façade d’immeuble, à l’angle de la place Victor Gélu et de la rue Bonneterie.

Oscar Eichaker, Victor Gélu, bas-relief bronze, 1859
Angle de la place Victor Gélu et de la rue Bonneterie, 2e arrondissement

mardi 28 août 2018

Jean-Baptiste Pastré (Émile Aldebert sculpteur)


Jean-Baptiste Pastré (1804-1877) appartient à l’une des plus importantes familles de négociants marseillais du XIXe siècle et en est le plus fameux représentant. Il crée vers 1830 la maison de négoce et d’armement Pastré Frères et Cie avec ses quatre frères. Rapidement, l’entreprise ouvre des comptoirs à Alexandrie, Le Havre, Londres, Paris, Trieste, Tunis. Elle rayonne en Méditerranée et bien au-delà : mer Rouge, océan Indien, Afrique occidentale. À partir de 1855, les frères Pastré diversifient leurs activités, fondant des chantiers navals à Port-de-Bouc ou exploitant des mines dans le Gard.
Parallèlement, Jean-Baptiste Pastré s’investit fortement dans la vie économique de la cité. Il siège au conseil d’administration de nombreuses sociétés dont les Messageries impériales. Il est membre fondateur de la Compagnie des Docks et de la Société marseillaise de crédit qu’il préside jusqu’à son décès. Il siège également au Conseil municipal entre 1848 et 1860. Mais il s’illustre surtout à la Chambre de Commerce, dont il est membre depuis 1836 : c’est sous sa présidence (1852-1866) qu’est édifié le palais de la Bourse.

Émile Aldebert, Jean-Baptiste Pastré, 1878
Palais de la Bourse, 9 La Canebière, 1er arrondissement

À sa mort, ses collègues décident d’ériger un édicule à sa mémoire. La réalisation du buste est confiée à Émile Aldebert (1828-1924). Celui-ci réalise, en 1878, un buste en terre cuite qui est installé sur une console en forme de volute dans la galerie de la grande salle de la Bourse.

mercredi 8 août 2018

Souffleurs de conque (Eugène Lequesne sculpteur)


Parmi toutes les sculptures ornant le palais Longchamp, mes préférées sont les Souffleurs de conque du sculpteur parisien Eugène Lequesne (1815-1887), grand prix de Rome en 1844.

Eugène Lequesne, Souffleurs de conque, 1867
Palais Longchamp, 4e arrondissement

Le sculpteur soumissionne le 15 juin 1864 pour participer à la décoration du palais Longchamp, alors en chantier sous les ordres de l’architecte Henry Espérandieu (1829-1874). Il est chargé de la réalisation de deux groupes d’enfants portant une corbeille de fruits moyennant 10 000 francs et de deux figures soufflant dans des conques pour 12 000 francs. Les Souffleurs de conque, en pierre de Calissanne et d’une hauteur de 3 mètres, sont destinés à scander le château d’eau. Lequesne s’engage à les sculpter dans un délai d’un an à compter du 1er septembre 1864. Les deux statues sont finalement mises en place et réceptionnées par l’architecte le 30 août 1867.

lundi 16 juillet 2018

Le ciseleur Guérin, graveur en médailles et orfèvre

J’ai acquis, voici quelques mois, le portrait du Ciseleur Guérin par Pierre Jean (Noé, Haute-Garonne, 1857 - ?, après 1925), professeur de peinture à l’école des beaux-arts de Marseille. Ce tableau a été exposé à deux reprises au Salon de l’Association des artistes marseillais, en 1908 (n°82 : Le ciseleur Guérin) et en 1913 pour une rétrospective du peintre (n°122 : Portrait de Guérin, ciseleur). C’est l’occasion de parler aujourd’hui de l’œuvre de Jean-Baptiste Guérin (Marseille, 3 juin 1865 - ?, vers 1930).

Pierre Jean, Le ciseleur Guérin, huile/toile, 1908
Collection personnelle

Jean-Baptiste Guérin – qui signe ses œuvres J. Guerin – débute sa carrière comme graveur vers 1894. Il produit alors des insignes et des médailles, qu’il frappe et cisèle dans son atelier. Ce sont de petits objets n’excédant pas 5 cm de diamètre. Les particuliers, les clubs divers et variés, la municipalité recourent à son talent pour une commémoration ou un prix à décerner.

Jean-Baptiste Guérin, 25e anniversaire de La Phocéenne – Société de gymnastique et de tir – 1879-1904, bronze

Jean-Baptiste Guérin, Pierre Puget – École des beaux-arts – Marseille, argent

Jean-Baptiste Guérin, Ernest Reyer – Conservatoire de musique et de déclamation – Marseille, argent

Peu à peu, son travail de ciselure le conduit à la joaillerie. Il expose alors ses créations dans différentes manifestations artistiques phocéennes du début du XXe siècle : Le Char d’Amphitrite, collier ciselé or, brillants et émaux translucides (Exposition coloniale, 1906, n°1224) ; Collection de bijoux d’art originaux (Salon de l’Association des artistes marseillais, 1908, n°365). Son talent d’orfèvre est très largement salué : « Les bijoux de Guérin, d’une ciselure si fine et d’un cachet d’art si personnel, sont un des grands attraits de la section des arts décoratifs. » (Louis Sabarin, La Vedette, 27 février 1908, p.103) ; « La collection de bijoux d’art ciselés par J. Guérin, passé maître en la délicatissime matière, s’épanouit entre les attractions les meilleures du Salon. » (Elzéard Rougier, Le Petit Marseillais, 27 février 1908). Sa réputation lui acquiert rapidement les honneurs : il est fait officier d’Académie en 1903 puis officier de l’Instruction publique en 1907.
Il n’abandonne pas la frappe de médailles pour autant. Outre sa propre production, il frappe les œuvres de quelques confrères, comme la médaille du Professeur Louis Villeneuve de Charles Delanglade (1870-1952) en 1909. Par ailleurs, durant la Première Guerre mondiale, il émet des monnaies de nécessité pour le compte de la Chambre de Commerce de Marseille ; ces petits jetons, tolérés par le ministère des Finances à l’échelle nationale dès le 16 août 1914, ont pour but de pallier le manque de numéraire pendant le conflit.

Jean-Baptiste Guérin, 5 et 10 centimes, cupro-nickel, 1916

Jean-Baptiste Guérin disparaît de l’Indicateur marseillais en 1931, vraisemblablement suite à son décès. Son domicile et son activité de joaillier sont alors repris par son apprenti et gendre Louis Descoms.

lundi 18 juin 2018

En couleurs. La sculpture polychrome en France 1850-1910


Cet été, le musée d’Orsay consacre une belle exposition à la sculpture : En couleurs. La sculpture polychrome en France 1850-1910. Elle a ouvert ses portes la semaine dernière et durera jusqu’au 9 septembre 2018. Deux artistes marseillais y ont les honneurs de l’affiche : le statuaire Henri Lombard (1855-1929) et le marbrier Jules Cantini (1826-1916) avec la statue hiératique d’Hélène de Troie.

Affiche de l’exposition En couleurs

Dans ma notice du 9 juin 2009, j’ai donné historique de cette sculpture ; je n’y reviendrai donc pas. Ceci étant, je suis heureux de la voir restaurée et remontée… ce qui n’était plus le cas depuis la fin de l’exposition Marseille au XIXe siècle.

Henri Lombard et Jules Cantini, Hélène, 1885
Collections du musée des beaux-arts de Marseille

D’autres artistes phocéens figurent dignement dans l’exposition. C’est le cas de Jean Hugues (1849-1930) avec le beau buste de Ravenne. Cette œuvre a effectué ses débuts sous un autre titre : Byzance. Elle figure ainsi à l’Exposition internationale de Monaco en 1898 (n°662) et à l’Exposition coloniale de Marseille en 1906 (n°1024).

Jean Hugues, Ravenne, 1898
Collections du musée des beaux-arts d’Arras
(avec Hélène de Lombard en reflet)

On trouve également La Musique d’André Allar, mais sans son pendant La Peinture. Ce bas-relief en terre cuite partiellement émaillée fut exposé dans les stands du céramiste parisien Jules Loebnitz (1836-1895) à l’Union centrale des arts décoratifs de 1884 et à l’Exposition universelle de 1889.

André Allar, La Musique, 1884
Collections de la cité de la céramique à Sèvres

Pour finir, j’ajouterai La nature se dévoilant à la Science du sculpteur parisien Ernest Barrias (1841-1905), sans doute le chef-d’œuvre de la sculpture polychrome. Cette œuvre est réalisée en collaboration étroite avec Jules Cantini qui appose son nom sur la terrasse au même titre que le statuaire.

Ernest Barrias et Jules Cantini, La Nature se dévoila à la Science, 1899
Collections du musée d’Orsay

Si vous passez par Paris cet été, une visite au musée d’Orsay s’impose !

lundi 4 juin 2018

Jeu d’amour et La Danse (Auguste Guénot sculpteur)


Il y a quelques mois, j’ai parlé d’un décor de l’escalier de l’Opéra de Marseille. Aujourd’hui, je reviens dans ce bâtiment pour évoquer les deux groupes en bronze du foyer. Ces sculptures – Jeu d’amour et La Danse – sont l’œuvre d’Auguste Guénot (Toulouse, 1882 – Versailles, 1966).
Après ses études à l’école des beaux-arts de Toulouse et un séjour parisien, ce fils d’ébéniste codirige une entreprise de staff à Perpignan de 1910 à 1914. La guerre interrompt son activité artisanale ; après le conflit, il se révèle statuaire et obtient la réalisation de nombreux monuments aux morts : Saint-Félix-de-Lauragais, Recouvrance, Nérac… Parallèlement, il effectue ses débuts dans les Salons artistiques du Sud-Ouest, puis de Paris ; il s’y fait remarquer par des sculptures en bois illustrant ses sujets de prédilection : l’enfant et les jeunes filles nubiles.
C’est à ce moment-là que Gaston Castel le sollicite pour décorer le foyer du nouvel Opéra de Marseille. Le littérateur Tristan Klingsor lui consacre alors un article dans L’art et les artistes (octobre 1924, p.122-126) qui fait la part belle à cette première commande civile.

Auguste Guénot, Jeu d’Amour, bronze, 1924
L’art et les artistes, octobre 1924, p.125

Auguste Guénot, La Danse, bronze, 1924
L’art et les artistes, octobre 1924, p.124

« Cette recherche aboutira aux deux magnifiques groupes de bronze exécutés pour le foyer du nouvel Opéra de Marseille et exposés en 1924 au Salon des Tuileries. L’un s’intitule Jeu d’amour, l’autre La Danse. Chacun de ces groupes se compose d’une jeune femme et d’un enfant. Dans le premier, c’est l’enfant qui emprisonne les jambes de la jeune femme de ses bras potelés ; dans le second, c’est celle-ci qui tient l’enfant par les bras. Jamais Guénot n’a mieux montré son goût des formes élégantes et jeunes, des corps un peu graciles, des épaules étroites : le dos de la jeune femme de La Danse est une merveille de rythme délicat et d’harmonie heureuse. Bronzier, le sculpteur se permet de fouiller avec plus d’insistance le détail naturaliste, mais il reste toujours dans sa manière beaucoup d’aisance et de légèreté ; rien n’est lourd, rien n’y est trop appuyé. » (L’art et les artistes, octobre 1924, p.125-126)

lundi 14 mai 2018

Jean Bérengier au Salon de la Société des artistes français

Au cours de la première décennie du XXe siècle, le sculpteur marseillais Jean Bérengier (1881-1938) expose au Salon des Indépendants (1906-1908) et au Salon de la Société des artistes français (1907-1911). Cependant, il y présente deux productions très différentes : s’il envoie au premier des œuvres très variées (peintures, bustes, statuettes polychromes, art décoratif), il destine au second les morceaux purement statuaires (statues). Il ne reste hélas quasiment rien de ces grandes sculptures.

Jean Bérengier, Le pêcheur à la « traficho »

Salon de 1907 – Le pêcheur à la « traficho », statue plâtre (n°2531)
Salon de 1908 – Fatalité, statue plâtre (n°2840)

Jean Bérengier, Sambre-et-Meuse

Salon de 1910 – Sambre-et-Meuse, statue plâtre (n°3289)
Cette œuvre pittoresque représente une cantinière du régiment de Sambre-et-Meuse assise sur son âne et clamant un chant patriotique[1]. Elle obtient une mention honorable au Salon puis, en février 1911, intègre les collections du musée des beaux-arts de Marseille. Aujourd’hui elle ne s’y trouve plus ; sans doute a-t-elle été détruite !

Salon de 1911 – Éclosion, statue plâtre (n°3103)
Cette œuvre, haute de 1,80 m, a été offerte par l’artiste au musée Gassendi de Digne en 1911. Malheureusement, la majorité des plâtres – pour ne pas dire la totalité – a été détruite par vandalisme ou par négligence à la fin des années 1960.


[1] Le Régiment de Sambre-et-Meuse est un chant patriotique français composé à la suite de la défaite militaire lors de la Guerre franco-prussienne de 1870. Il évoque l’armée de Sambre-et-Meuse formée après la victoire française de Fleurus (1794) sur les Autrichiens dans ce qui deviendra le département belge de Sambre-et-Meuse, réuni à la France de 1795 à 1814. C’est la musique militaire française la plus jouée après La Marseillaise et le Chant du départ ; elle figure chaque année au défilé du 14 juillet.

mardi 1 mai 2018

Le Salon en cartes postales : Berthe Girardet - 2


Salon de 1909 – Le fil de la vie (groupe plâtre, n°3359)

Salon de 1910 – La flèche indécise (statue marbre, n°3608)
Il s’agit du portrait d’Émile Bourcart en Amour.

Salon de 1910 – Le capitaine Ferber (buste plâtre, n°3609)

Salon de 1911 – Heureuse mère (groupe marbre, n°3384)
Il s’agit du portrait de Mme Ph. Bourcart et de ses filles.

Salon de 1913 – Celles qu’on oublie (salaire de misère)
(groupe plâtre patiné, n°3536)

Salon de 1914 – Les petites sirènes (vasque de jardin, plâtre, n°3838)

Salon de 1922 – Les femmes de France (groupe plâtre, n°3331)

dimanche 15 avril 2018

Le Salon en cartes postales : Berthe Girardet - 1

La carte postale, inventée à la fin du XIXe siècle, devient très rapidement un média promotionnel pour les artistes. Nombre d’entre eux font reproduire, entre 1900 et 1920, les œuvres peintes ou sculptées qu’ils exposent au Salon des artistes français. De fait, grâce aux cartes postales, il est possible de mettre un visuel sur une œuvre que l’on ne connaîtrait sinon que par un intitulé. Le sculpteur marseillais le plus assidu dans ce domaine est une femme : Berthe Girardet (1861-1948).

Salon de 1903 – Donnez-nous aujourd’hui
notre pain quotidien (groupe plâtre, n°2803)
La version marbre paraît quant à elle au Salon de 1913 (n°3535)

Salon de 1905 – La Vierge et l’Enfant (groupe marbre, n°3166)
« Et Marie conservait et repassait toutes ces choses dans son cœur. » (Saint Luc, II, verset 19)

Salon de 1906 – La tourmente (groupe pierre, n°3138)
« Avec ta rage aveugle et ton flot bondissant
En as-tu fait assez couler des pleurs de sang ! »
Le modèle plâtre avait été présenté au Salon de 1904 (n°2927)

Salon de 1906 – La mauvaise conseillère (groupe plâtre, n°3139)
« Tout est perdu ! L’enfant travaille et lutte encore ;
Elle est honnête ; mais elle a, quand elle veille,
La Misère, démon qui lui parle à l’oreille. » (Victor Hugo)
La version marbre paraît quant à elle au Salon de 1907 (n°2892)

Salon de 1907 – Le virage (groupe plâtre teinté, n°2893)

Salon de 1908 – La maternelle (groupe plâtre, n°3174)

Salon de 1908 – Le réveil de l’enfant (groupe pierre, n°3175)
Le modèle plâtre avait été présenté au Salon de 1905 (n°3167)

lundi 2 avril 2018

Sainte Marthe (Émilien Cabuchet sculpteur)

En 1875, à l’instar de six autres confrères, le sculpteur Émilien Cabuchet (Bourg-en-Bresse, Ain, 16 août 1819 – Bourg-en-Bresse, 24 février 1902) reçoit commande, moyennant 5000 francs, d’une statue en pierre de Calissane, haute de 2,90 mètres, pour orner la façade de la Major, nouvelle cathédrale de Marseille. Ce spécialiste d’art religieux obtient la réalisation de Sainte Marthe, sise à l’extrême droite de la galerie des saints de la Provence. 
Au printemps 1876, il expose au Salon des artistes français le modèle en plâtre, demi-grandeur, de sa figure (n°3116). Sœur de Marie-Madeleine, Sainte Marthe est représentée portant un bénitier de la main gauche et tenant un goupillon dans sa main droite. À ses pieds se trouve la Tarasque, monstre qui terrorisait les abords du Rhône aux environs de Tarascon ; la jeune femme l’a domptée en l’aspergeant d’eau bénite et l’a enchaînée pour la livrer à la vindicte des villageois.

Émilien Cabuchet, Sainte Marthe, pierre, 1876
Cathédrale de la Major, 2e arrondissement

Sainte Marthe d’après Émilien Cabuchet, gravure
La Provence artistique & pittoresque, 2 juillet 1882

Deux ans plus tard, le sculpteur reprend son motif pour en tirer une réduction en bronze. La statuette, haute de 30 centimètres pour un diamètre de 10 centimètres, est signée et datée derrière la sainte, sous la tarasque E. Cabuchet / 1878. Un exemplaire en bronze doré est alors exposé au Salon des artistes français de 1879 (n°4838) ; accidenté pendant la manifestation, l’artiste reçoit de l’administration des Beaux-Arts une indemnité de 100 francs pour couvrir le préjudice (Archives nationales F/21/4295/B).
Aujourd’hui, deux autres exemplaires sont proposés à la vente sur Ebay, le premier à patine médaille au prix de 899 €, le second à patine argentée et dorée au prix de 800 €.

Émilien Cabuchet, Sainte Marthe
Bronze à patine médaille, 1878

Émilien Cabuchet, Sainte Marthe
Bronze à patine argentée et dorée, 1878