lundi 15 janvier 2018

Vers la vie (Charles Delanglade sculpteur)

Aujourd’hui, je m’intéresse à une œuvre de Charles Delanglade (1870-1952) dont j’aimerais retrouver la trace.

Charles Delanglade, Vers la vie, statue en marbre, 1910
Carte postale

L’histoire débute à Marseille, en avril 1907, à l’occasion de la première – et sans doute unique – exposition du Cénacle, groupe d’artistes qui souhaite créer un cadre intimiste pour présenter ses œuvres loin des Salons artistiques croulant sous la surabondance. Organisée dans la galerie de l’expert en tableaux Jules Ollive, sise au n°7 du boulevard Longchamp, la manifestation – essentiellement picturale – n’accueille guère qu’un sculpteur : Charles Delanglade… « la bienveillance nous faisant un devoir de passer sous silence les œuvres de Paul Vincks. »[1]
Delanglade présente notamment une sculpture intitulée Prairial. Son titre allégorique évoque le neuvième mois du calendrier républicain, symbole « de la fécondité riante & de la récolte des prairies de mai en juin » selon Fabre d’Églantine (1750-1794). Lorenzo, critique de La Vedette, consacre de longues lignes à cette œuvre : « Sous le nom de Prairial, statue plâtre grandeur nature, [Delanglade] nous montre une jeune fille dont les formes graciles indiquent qu’elle atteint à peine l’âge de la nubilité. Chaste dans sa nudité, la tête à demi cachée par sa chevelure, disposée en tresses menues, elle s’avance vers le spectateur dévoilant le charme de sa beauté non encore épanouie. / Après avoir fait quelques réserves au sujet de la tête dont le modelé trop arrondi manque de caractère ; sans restrictions [sic] nous louerons les jambes fines et nerveuses, les rotules aux méplats surement précisés, la poitrine et le bassin d’une maigreur bien juvéniles [sic], car tout cela décèle un artiste amoureux de la forme et sincèrement épris de la beauté féminine. »[2]
Trois ans plus tard, la sculpture reparaît sous les hospices du marbre, avec un nouveau titre plus symboliste qu’allégorique : Vers la vie. Elle figure au Salon de la Société des artistes français de 1910 (n°3491), à Paris, où elle reçoit une mention honorable. Auréolé de ce succès, Delanglade propose alors, en mars 1911, d’échanger son Cyclope – œuvre de jeunesse qui se trouve au musée des beaux-arts de Marseille – contre Vers la vie – œuvre de maturité récemment primée ; cette substitution est acceptée le 11 août 1911.
Hélas ! La statue ne se trouve plus aujourd’hui dans les réserves du Palais Longchamp. Sans doute en est-elle sortie à une date inconnue pour orner un bâtiment municipal. Je lance donc un appel pour la retrouver.


[1] Lorenzo, « Note d’art. Le Cénacle », La Vedette, 6 avril 1907, p.174.
[2] Idem.

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