jeudi 15 février 2018

Le maréchal Joseph Joffre

Je profite d’être encore dans les commémorations du centenaire de 14-18 pour m’intéresser à l’un des chefs d’état-major de la Grande Guerre : le général – maréchal à partir de 1916 – Joseph Joffre (1852-1931), controversé à cause de sa stratégie d’offensive à outrance extrêmement coûteuse en vies humaines pour une reconquête territoriale médiocre. Malgré la polémique, comme le dit alors le général Philippe Pétain (1856-1951), « Que cela plaise ou non, Joffre est à jamais le vainqueur de la Marne. » En effet, sous son commandement, les alliés stoppent la progression allemande et stabilisent le front nord au début de la guerre.
Dans les pays alliés – Canada et États-Unis en tête – comme en France, il jouit d’une extrême popularité frôlant l’idolâtrie : des enfants sont prénommés Joffre ou Joffrette, des poèmes lui sont dédiés, des images d’Épinal le montrent en père protecteur de la République, des assiettes illustrées et des statuettes vantent sa gloire. C’est ainsi que quelques sculpteurs marseillais participent à cette « joffrolâtrie ».

Sous l’égide de la Victoire, notre Joffre
Carte postale

Paul Gondard, Le général Joffre, buste en plâtre, 1914
Actuellement en vente sur Ebay

Paul Gondard (1884-1953) réalise un petit buste d’édition en plâtre (H. 13 cm – L. 13 cm – P. 7 cm), très certainement d’après photo. Le général Joffre est coiffé d’un képi et vêtu d’une tenue militaire simple sur laquelle se détache une médaille (La grand-croix de la Légion d’honneur reçue le 11 juillet 1914 ?  La médaille militaire obtenue le 26 novembre 1914 ?). La date au dos (1914) désigne sans ambiguïté le héros de la Marne : au début de septembre 1914, les Allemands sont en Seine-et-Marne, menaçant Paris ; le fameux épisode des taxis de la Marne permet d’apporter sur le front des troupes fraîches et de repousser l’ennemi. Le 13 septembre, Joffre annonce la victoire au gouvernement : « Notre victoire s’affirme de plus en plus complète. Partout l’ennemi est en retraite. À notre gauche, nous avons franchi l’Aisne en aval de Soissons, gagnant ainsi plus de cent kilomètres en six jours de lutte. Nos armées au centre sont déjà au niveau de la Marne et nos armées de Lorraine et des Vosges arrivent à la frontière. »

Emprunt de la Libération – le maréchal Joffre

Adolphe Royan, Le maréchal Joffre, buste en plâtre, vers 1918
Carte postale

Adolphe Royan (1869-1925) propose pour sa part un buste plus monumental mais également inspiré par une photographie. Le maréchal porte le bicorne et son grand uniforme d’apparat placardé de médailles. L’œuvre date vraisemblablement des années 1916-1920, peut-être de 1918, date de l’armistice et de l’élection de Joffre à l’Académie française… hommage qui donnera naissance à l’expression « une élection de maréchal », c’est-à-dire non justifiée par les talents d’écrivain du postulant.

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