lundi 4 juin 2018

Jeu d’amour et La Danse (Auguste Guénot sculpteur)


Il y a quelques mois, j’ai parlé d’un décor de l’escalier de l’Opéra de Marseille. Aujourd’hui, je reviens dans ce bâtiment pour évoquer les deux groupes en bronze du foyer. Ces sculptures – Jeu d’amour et La Danse – sont l’œuvre d’Auguste Guénot (Toulouse, 1882 – Versailles, 1966).
Après ses études à l’école des beaux-arts de Toulouse et un séjour parisien, ce fils d’ébéniste codirige une entreprise de staff à Perpignan de 1910 à 1914. La guerre interrompt son activité artisanale ; après le conflit, il se révèle statuaire et obtient la réalisation de nombreux monuments aux morts : Saint-Félix-de-Lauragais, Recouvrance, Nérac… Parallèlement, il effectue ses débuts dans les Salons artistiques du Sud-Ouest, puis de Paris ; il s’y fait remarquer par des sculptures en bois illustrant ses sujets de prédilection : l’enfant et les jeunes filles nubiles.
C’est à ce moment-là que Gaston Castel le sollicite pour décorer le foyer du nouvel Opéra de Marseille. Le littérateur Tristan Klingsor lui consacre alors un article dans L’art et les artistes (octobre 1924, p.122-126) qui fait la part belle à cette première commande civile.

Auguste Guénot, Jeu d’Amour, bronze, 1924
L’art et les artistes, octobre 1924, p.125

Auguste Guénot, La Danse, bronze, 1924
L’art et les artistes, octobre 1924, p.124

« Cette recherche aboutira aux deux magnifiques groupes de bronze exécutés pour le foyer du nouvel Opéra de Marseille et exposés en 1924 au Salon des Tuileries. L’un s’intitule Jeu d’amour, l’autre La Danse. Chacun de ces groupes se compose d’une jeune femme et d’un enfant. Dans le premier, c’est l’enfant qui emprisonne les jambes de la jeune femme de ses bras potelés ; dans le second, c’est celle-ci qui tient l’enfant par les bras. Jamais Guénot n’a mieux montré son goût des formes élégantes et jeunes, des corps un peu graciles, des épaules étroites : le dos de la jeune femme de La Danse est une merveille de rythme délicat et d’harmonie heureuse. Bronzier, le sculpteur se permet de fouiller avec plus d’insistance le détail naturaliste, mais il reste toujours dans sa manière beaucoup d’aisance et de légèreté ; rien n’est lourd, rien n’y est trop appuyé. » (L’art et les artistes, octobre 1924, p.125-126)

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